L’éducation dès l’enfance et l’adolescence reste notre meilleur outil pour éradiquer la violence masculine.

En tant que mères, nous préférons ne pas envisager que nos enfants puissent devenir victimes ou agresseurs. Pourtant, demain ils seront adultes. C’est là que nous intervenons.

Qu’est-ce que la violence sexiste ?

La violence sexiste ou machiste ne se réduit pas à l’agression physique. Elle englobe les violences physiques, sexuelles et psychologiques. Elle apparaît à tous les âges et dans tous les contextes : couple, école, travail, politique.

La violence sexiste commence dès l’enfance

L’éducation aux mêmes valeurs pour tous : voilà la clé.

Dans l’enfance, les valeurs et les rôles s’apprennent par le jeu. Laissons notre garçon jouer à la cuisine, faire du baby-sitting. Et notre fille aux jeux de construction, aux jeux d’action, au football. C’est comme ça qu’on normalise que chacun peut accomplir les mêmes tâches et fonctions.

À l’adolescence, faisons-les collaborer à égalité aux tâches ménagères. On fait souvent l’erreur de dire « qui nous aident à faire nos devoirs ». On implique que le travail nous incombe d’abord. Utilisons plutôt « nous travaillons tous ensemble à la maison ». Là, on parle de travail en équipe, d’égalitarisme.

La lecture aussi compte. Il existe d’excellents livres pour les ados. Prenez par exemple Le journal Violet de Carlota de Gemma Lienas. L’autrice aborde la sexualité et la violence de genre de façon accessible et proche des réalités adolescentes.

J’ai le sentiment que ma fille pourrait être victime de violence sexiste

L’adolescence reste l’étape la plus vulnérable qu’on traverse. Ne désespérez pas. Ces temps sont différents de ceux que nous avons connus : nouvelles technologies, études, politique. Mais ce besoin de se sentir libre, de chercher son propre « moi », reste le même.

Surtout, ne jugez pas et ne faites pas pression. Autrement, elle se sentira coupable et fermera ses portes. L’agresseur typique est quelqu’un de persuasif, capable de manipulation émotionnelle. C’est facile de se tromper.

Les phases de la violence masculine

La violence de genre suit trois phases distinctes :

  1. Accroissement de la tension
  2. Explosion de la violence
  3. La lune de miel

Accroissement de la tension

L’agresseur crée une tension, une irritation, un malaise, une attente, une peur.

  • Il dirige des regards et des gestes critiques effrayants.
  • Il punit par le silence.
  • Il nie ce que l’autre dit ou fait, manipule en répétant sa version des choses.
  • Il se moque du corps de l’autre, de son travail, de ses soucis.
  • Il exerce un contrôle constant et dévalorise.
  • Il se met en colère si l’autre essaie de dialoguer ou changer les choses.

La victime finit par croire qu’elle a une mauvaise perception de la réalité.

  • Elle doute d’elle-même.
  • Elle ne sait plus ce qui est réel ou non, grave ou pas.
  • Elle s’en veut constamment.
  • Elle essaie d’éviter ce qui pourrait déclencher la colère de l’autre.
  • Son estime de soi s’affaiblit, elle perd son autorité.
  • La honte et la culpabilité s’installent.

Explosion de la violence

L’agresseur exprime la violence sous tous ses aspects : physique, psychologique, sexuel, économique, environnemental.

  • Il détruit ce que la victime aime.
  • Il l’accuse sans cesse d’infidélité.
  • Il contrôle compulsivement tout : finances, amis, famille, vêtements.
  • Il devient agressif : claque, tape, crie, menace, impose le sexe.
  • Il menace de lui faire du mal si elle parle.
  • Il menace de se faire du mal ou de se tuer.

La victime se sent dévalorisée et en insécurité.

  • Elle panique.
  • Elle est paralysée par la peur.
  • Elle ne peut ni penser ni réagir.
  • Si elle réagit, elle essaie d’appeler à l’aide.

La lune de miel

L’agresseur se repent et promet de changer.

  • Il s’excuse, pleure, promet.
  • Il devient affectueux et gentil.
  • Il fait des gestes « romantiques »: cadeaux, sorties, s’occupe des enfants.
  • Il fait l’amour sans imposer.
  • Il demande de l’aide et promet de changer.
  • Il semble vraiment pouvoir changer.
  • Il est enthousiaste, positif, rêveur et romantique quelques jours.

La victime se laisse impressionner par ce revirement. Elle pardonne. Mais elle a le sentiment qu’il ne tiendra jamais ses promesses.

  • Elle se sent à nouveau appréciée.
  • Un faible espoir la traverse.
  • Elle ne peut refuser son pardon et lui donne une nouvelle chance.
  • Elle retire les appels à l’aide ou les signalements.
  • Si elle en avait parlé à des proches, elle minimise maintenant, justifie, défend ou nie.

Si vous êtes venu ici chercher de l’aide pour vous ou votre fille : cherchez les services d’aide dans votre région. Ils existent. Appelez-les. Vous ne serez pas jugée. Vous serez comprise et accompagnée. Il est possible de sortir de cette situation, même si cela semble impossible maintenant.